Peinture 繪畫
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Texte
: Gérard Henry
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Traduction
: Chiu Chor Bing |
Marc Rothko : de la couleur aux profondeurs
de la conscience
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• Untitled 1970 (Acrylic on Canvas 152,4 x 145,1 cm) |
L'une des figures de proue de l'expressionnisme abstrait
qui se développera aux Etats-Unis après la seconde
guerre mondiale, Mark Rothko va mener un chemin solitaire
qui, au-delà de la forme et de la couleur, crée un
« état d'émotion » qui fait entrer directement le
spectateur dans le tableau et dans les profondeurs
se sa propre conscience.
Le musée d'art de Hong Kong présente 27 tableaux en provenance de la National
Gallery of Art de Washington, retraçant le parcours pictural de Rothko, l'un
des plus grands peintres de la deuxième partie du XXe siècle et sans doute
celui qui a donné à la couleur une présence vivante et palpable. Une œuvre
qui montre de nombreux tâtonnements avant qu'il ne trouve un chemin où donner
sa pleine mesure.
Né en 1903 dans
une famille juive de Dvinsk en Russie, Marcus Rothkowitz
émigre à Portland aux Etats Unis en 1913 avec toute
sa famille. Entre 1922 et 1924, il suit des cours
à Yale où avec ses condisciples, il crée une revue
d'avant-garde, The Yale Saturday
Evening Pest,
et s'intéresse surtout à l'art dramatique, mais
ne parvient pas à obtenir de bourse pour le « American
Laboraty Theatre ». Il suit alors des cours de
design et de dessin, adoptant sur les conseils
de son professeur, une manière cézanienne, avant
de rencontrer le peintre Milton Avery qui influencera
son œuvre de jeunesse jusqu'au milieu des années
30. Il donnera alors des peintures figuratives aux couleurs sourdes, centrées
sur des scènes de rue et de métro dont l'ambiance générale est plutôt dépressive.
Il vit alors à New York, enseigne à la Center Academy of Brooklyn et est
l'un des membres fondateurs du groupe des Dix, peintres de New York d'inspiration
expressionniste qui affirment leur dégoût du conservatisme de l'époque et
leur désir d'expérimenter. En 1940, il prend le nom de Mark Rothko et entame
une nouvelle recherche sur des thèmes mythologiques placés dans une perspective
universelle, donnant place dans ses tableaux aux oiseaux, aux plantes et
aux formes sculpturales primitives. Il expose beaucoup et fréquente Motherwell,
Pollock et Rosenberg. L'influence des peintres européens comme Joan Miro
et André Masson et des surréalistes réfugiés aux Etats-unis pendant la guerre
se fait alors fortement sentir dans son œuvre.
La fin des années
40 est une véritable époque de rupture et va montrer
un grand changement dans son œuvre : les formes
figuratives vont disparaître, peu à peu noyées
dans la couleur. Ne reste qu'une surface plane
monochrome, où se superposent verticalement deux
ou trois formes rectangulaires d'où la couleur
irradie. Ces rectangles ont des bords indéfinis,
ce qui donne l'impression qu'ils flottent sur la
toile. Rothko utilise une infinité de tons, de
légères variations de couleurs, de différences
de texture qui rendent la couleur vivante. Ses
couches superposées de pigments et aussi l'utilisation
d'anciennes techniques comme la tempéra (la peinture
à l'œuf) donne à ses couleurs une profondeur indéfinissable,
créant ainsi une lumière intérieure à la peinture.
Il parle lui-même de « contraction et d'expansion » de la couleur, de transparence
et de densité et expose ses tableaux à hauteur du sol afin qu'ils soient
proches du spectateur et que celui-ci puisse y pénétrer, alors entraîné dans
une véritable expérience spirituelle. Rothko nous plonge dans un espace de
silence où la lumière vibre doucement et appelle à la méditation.
Ces accords de
couleur vont ensuite se simplifier dans son œuvre,
s‘approfondir et s'assombrir dans une longue série
de rouges et bruns où les formes du rectangle disparaissent
et le tableau semble s'ouvrir sur un gigantesque
portail. Cet assombrissement va aller jusquà des toiles monochromes noires,
comme si, après l'extrême sensualité des couleurs des débuts Rothko refusait
le piège de la couleur et allait vers une ascèse qui se marque par le dénuement
et la simplicité, voire l'austérité. De ses tableaux très sombres émane une
lumière intérieure qui gagne le spectateur qui sait s'arrêter.
Son œuvre
reste cependant mystérieuse et ne saurait s'expliquer
par des mots. Ses derniers tableaux, avant son
suicide en 1970, sont des gris et blancs austères,
des tons durs parfois d'où toute sensualité est absente. Certains artistes
de ses contemporains y lisent une grande tristesse,
d'autres y voient une spritualité, une pureté
détachée de tout sentimentalisme, « une lumière
venant du sombre ».
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馬克.羅斯科:發自內心的色彩
馬克.羅斯科是自第二次世界大戰後在美國藝壇上興起的抽象表現主義畫派的一位中心人物,後來他獨自進行探索,在形狀和色彩以外創造一種〝感情狀態〞讓觀眾直接進入畫中,接觸他的內心世界。
香港藝術館這次展出的二十七幀作品全部來自華盛頓國立美術館,它們展示了這位二十世紀下半葉其中一位最偉大的畫家的不同創作歷程。從中更可以看到他在創作上所作的無數探索到後來找到屬於自己的成熟風格。
• Underground
Fantasy, c.1940
(Oil on Canvas 87,3 x 118,2 cm) |
馬克.羅斯科1903年出生於俄國的一個猶太人家庭,1913年與全家人移居美國波特蘭市。1922至1924年他在耶魯大學攻讀其間與同學創辦了前衛雜誌《耶魯星期六晚疫症》(The
Yale Saturday Evening Pest),當時他對戲劇藝術特別感興趣,但可惜爭取不到美國實驗劇社的獎學金。因此他選修設計和繪圖的課程,並在教授的建議下採用一種塞尚式的風格創作,直至他結識了畫家米爾頓.艾弗利(Milton
Avery),後者的作品深深影響著他年青時代到三十年代中的創作風格。他當時創作的形象派畫色彩陰暗,主要是以街頭或地下鐵路的一些令人消沉沮喪的景色作為主題。那時他在紐約生活,在布魯克林中央學院授課,更是表現主義團體〝十〞的創始成員。這團體是由一班紐約表現主義畫家組成,他們團結一起的目的是要表達他們對當時的保守主義之不滿以及對探求新意的欲望。1940年,他改名馬克.羅斯科,並開始以希臘神話、原始藝術等題材進行創作,因而在畫布上出現了一些形態和形狀原始的植物和雀鳥。他經常展出作品,而他的畫風很明顯是受到米羅和安德烈.馬松等這些在戰時流亡美國的歐洲超現實主義畫家的影響。
四十年代末期對羅斯科來說是一個突變的時期,他的作品出現了重大的轉變:那些形象主義的形狀逐漸消失在色彩中,只留下一些巨大的色塊,配以朦朧柔和的邊緣,簡潔單純地懸浮在畫布上。羅斯科採用無限的色調,透過顏色深淺度的輕微改變和不同的質感讓色彩更活潑生動。他將不同色的顏料重疊,以及採用古老的膠畫顏料,為色彩增添無盡深度的感覺,並讓畫作產生一種發自內在的光芒。他親自講述顏色的〝收縮與擴張〞、透明與密度,並將畫作放在地上展出,使展品更接近觀眾,方便他們進入畫中。參觀者因此被引領進入一種近乎靈性的體驗。羅斯科讓我們墮進一個寧靜明亮,引人沉思冥想空間內。
之後,那些和諧的色調在他的畫作中又再被簡化了,顏色變得較深和較暗,長長一系列紅色和啡色的巨型色塊,這些畫就像通往一扇巨大的門的入口。它們的顏色愈來愈陰沉灰暗,到最後變成單一的黑色,就像是因為早期的作品過度縱情於色彩中,羅斯科拒絕再受顏色的誘惑,刻意如苦行般走向虛無和簡樸無華的境界。從他這些深沉的作品中散發著一種內在的光芒,讓參觀者不自覺地駐足欣賞。
羅斯科的畫作仍然保留一種不能言喻的神秘感。他1970年自殺前所作的最後一批作品全部採用冰冷樸素的灰色和白色,從中再也找不到任何情感。部份藝術家和他的一些同輩認位它們充滿極度的悲哀,但亦有些認為它們散發著赤裸又神聖的宗教體驗與感情,〝一種來自地獄的光芒〞。
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