Lectures 新書介紹

 

Portraits chinois de Jacques Penhirin, Diane Drouin-Michaud, Anaïs Martane
Texte : Jean Dourville

L'été 2008 a vu dans les médias la Chine passer par toutes les couleurs. L'or de l'encensement, le rouge de la colère, le noir de la haine, et d'autres plus nuancées. Pour le lecteur vivant de l'autre côté de la planète, très loin de la Chine, il est difficile de se faire, dans toutes ces contradictions, un portrait ressemblant de ce pays. Il est difficile de différencier dans tous les échos et portraits de la Chine tracés par les médias la part à attribuer au gouvernement et au peuple, au parti et à la patrie, au nationalisme et à la fierté nationale.

Cet ouvrage de textes et de photos, Portraits chinois , est un travail d'équipe dû à trois auteurs, Jacques Penhirin, homme de terrain, riche d'une longue expérience de la Chine, pour les rencontres et tout le logistique nécessaire à la réalisation de cet ouvrage, la journaliste Diane Droin-Michaud pour les textes et Anaïs Martane pour les photos. Leur ambition n'était pas de faire un portrait exhaustif du pays, encore moins une analyse politique ou sociologique, mais d'en présenter un portrait humain au travers d'une quarantaine d'individus, certains célèbres, la plupart inconnus, rencontrés au cours de nombreux voyages à travers la Chine. Et plutôt que de conter ou de tracer elle-même ces portraits, Diane Droin Michaud s'est effacée et laisse ces personnages parler à la première personne. Mais elle leur a posé des questions essentielles et intimes sur leur vie, le bonheur, la joie, la tristesse, sur leurs désirs et leurs espoirs, ce qui fait qu'il en ressort des portraits très humains et touchants, très sincères aussi qui font écho à notre propre vie. Ces hommes et femmes parlent de leur enfance, leur région, leurs goûts, leurs parents, leurs enfants, chaque récit se lisant comme une vie en miniature, sur une seule page face à leur portrait photographié par Anaïs Martane. Des portraits également très beaux car très vrais par cette jeune photographe talentueuse installée à Pékin. Elle leur a demandé de poser simplement, sans aucune fioriture, comme ils le souhaitaient, dans leur univers et le résultat est de grande qualité car il révèle beaucoup du caractère et de la vie du sujet. On y rencontre ainsi pour les gens les plus connus acteurs, écrivains, mannequins, artistes, historiens, et pour ceux qui sont éloignés des médias, paysans, épiciers, médecin, infirmier, hôtesse, adolescent, journaliste, artisans, prêtre. Le ton est sincère et à travers ces vies on apprend beaucoup de la Chine, de l'amour porté à la région natale, des relations entre parents et enfants, mari et femme, ou collègues. Une Chine après tout peu différente d'un autre pays quand on se penche sur ses individus.

2008 年的夏季,中國在各地的傳媒中經歷了各種顏色的喧染。大力頌揚的金色、憤怒的紅色、仇恨的黑色,以及其他不十分明確的顏色。對那些住在地球的另外一方,遠離中國的讀者來說實在是很難從這一切矛盾中產生一幅與這國家相似的肖像。很難從這一切的回響以及由傳媒所描繪的中國肖像中分別出究竟哪一部份是政府的或是人民的,是黨的還是國家的,是屬於民族主義還是民族尊嚴的。

這本圖文並茂的作品《 Portraits chinois 》 ( 中國肖像 ) 是三位藝術家創作的成果。 Jacques Penhirin 擁有多年在中國生活的經驗 , 為了這作品他身體力行 , 負責一切有關聯絡和組織的支緩工作 ; 任職記者的 Diane Droin-Michaud 負責撰寫文章 , 而 Ana ïs Martane 則負責圖片的部份。他們的目標並不是要為這國家製作一幅完整的肖像,更不是對政治或社會作出分析,而是透過四十多位個別人士來介紹這個國家人性的一面。這些人當中有部份是知名人士,但大部份都是寂寂無聞的人,是在多次旅遊中國時偶然結識的人。 Diane Droin Michaud 認為與其由她講述或描寫這些人物,倒不如讓這些人以第一人稱的手法親自講述。她會向他們提問一些有關他們的生活、悲與喜、願望和理想,一些基本及個人的問題,從而獲得一幅幅十分人性化和真孳感人的肖像,而這些肖像亦會與我們的生活產生共鳴。這些男女講述他們的童年、他們的省份、他們的品味、他們的父母和孩子,每一頁的短文是一個生命的縮影,而旁邊的一頁則是一幀由 Anaïs Martane 拍攝的人物肖像。定居北京的 Ana ïs Martane 是一位才華橫溢的青年攝影家。她在拍攝時只要求拍攝對像在他們的生活環境中隨意擺出自然的姿態,沒有加以任何的裝飾,拍出來的結果是一些高質素的相片,它們大大展現了拍攝對象的性格和生活。從這本作品中我們可以認識一些最著名的演員、作家、模特兒、藝術家、歷史學家,而那些遠離傳媒圈子的人物包括:農民、醫生、護士、接待員、少年人、記者、神父等。文章的筆調非常誠懇,透過這些人的生命我們知道更多有關中國的事,如人民對故鄉的情懷、父母子女間的關係、夫妻間或同事間的關係。畢竟,當我們將關注放在那些個別人士的身上,中國其實與其他國家實在是沒有多大的分別。

 

 

Portraits chinois . Existe en deux éditions, française et anglaise. 95 pages, 37 photos Editions Snoeck 2008 (Disponible à la librairie Parenthèses ou sur librairies en ligne)
 

Chroniques hongkongaises de Gérard Henry
Texte : Patrick Ferla

Dans le bruit et la frénésie, de jour comme de nuit, Hong Kong est ouverte à l'aventure, toujours en mouvement et en quête d'identité. En 1984, ses sept millions d'habitants apprennent que leur ville, sous protectorat britannique, sera bientôt rétrocédée à la Chine. Cette annonce fut vécue dans une relative sérénité qui se mua vite en inquiétude. À la suite des événements de la place Tienanmen, en 1989, ils furent des centaines de milliers à envahir les rues. Quel avenir pour Hong Kong, quelle mémoire collective dans les bras de cette Chine-là ? D'un jour à l'autre, les Hongkongais se virent orphelins, sentiment que le plasticien Raphael Chan sut décrire en ces termes : « Hong Kong semble un bébé orphelin vivant depuis cent ans, incapable de se rappeler le visage de ses parents. Il peut parler beaucoup de langues étrangères, mais il a totalement oublié la langue maternelle […] Maintenant, il va rentrer à la maison, mais il a peur de ne plus avoir de liberté car il y a beaucoup de règles dans la grande famille, une restriction au droit de parole, aucune objection envers les aînés. »

La langue maternelle : c'est elle qui inspire les chroniques que signe, tel un calligraphe, Gérard Henry. Quelques traits, des odeurs, des sons, et voici la vie quotidienne transformée en récit, un art porté ici par une grande sûreté du geste. Des chroniques qui, durant dix années, ont raconté l'air du monde qui changeait à Hong Kong. Nombre d'entre elles ont nourri deux émissions de la Radio Suisse Romande, « Le Petit-Déjeuner » et « Presque rien sur presque tout ». Ces papiers-calligraphes se distinguent des textes radiophoniques par un souffle charnel véritablement made in Hong Kong. Au cœur de ces textes, une prise de risque documentaire et un souci de dévoiler la face cachée de l'identité hongkongaise, très loin des cours de la Bourse, de l'hippodrome chic de Happy Valley et des vitrines rutilantes de Central.

Langue maternelle et vie devant soi : sous la forme de petites nouvelles, les chroniques de Gérard Henry modifient, au fil des ans, des événements et des tragédies, la perception que l'on a généralement de Hong Kong. Musiques de cabaret évanouies dans le fracas des tramways, nappe de mélancolie flottant sur la baie, couleurs trop vives, enfants en larmes dans des appartements minuscules : les récits de Gérard Henry témoignent, semaine après semaine, de cette si parfaite irréalité qu'est Hong Kong. Une ville qui se situe entre le petit Shanghai montré par le cinéaste Wong Kar-wai dans son retentissant In the Mood for Love et l'image d'une cité inversée représentant une maison de thé, telle que l'a dévoilée l'exposition Investigation of a Journey to the West by Micro + Polo, en 2005.

Il y a de tout dans les chroniques de Gérard Henry, visite d'ateliers de peintres, commentaires culinaires, découverte de la littérature et du cinéma hongkongais, manifestations et luttes politiques, grippe aviaire et épidémie de SRAS. Les chroniques saisissent sur le vif la réalité de la Perle de l'Orient : images et saveurs, souvent aigres-douces. Une photographe qui court après les nuages, des histoires d'amour de chaque côté de la frontière, des parfums de gingembre dans les marchés nocturnes et des fantômes affamés errants dans les rues. Et l'histoire vraie de l'empereur de Kowloon, roi du graffiti exposé à la Biennale de Venise, cauchemar pour la police hongkongaise, Oncle Tsang pour ses voisins, mort pauvre durant l'été de 2007.
Une si parfaite irréalité.

L'auteur, Gérard henry, critique d'art et rédacteur en chef de la revue Paroles , est aussi correspondent à la Radio Suisse romande et contributeur au Monde Diplomatique et à la revue Perspectives chinoises .

在吵鬧和狂熱的氣氛中 , 香港不分晝夜也可找到節目 , 這座永遠停不下來的城市不斷地尋找自我的身份。 1984 年,七百萬香港居民獲悉他們這座受英國保護的城市快要回歸中國。市民對這消息的反應開始時也頗為平靜,但這平靜很快便變成恐慌。 1989 年天安門事件後,上百萬的香港人上街遊行。在這樣的一個中國的懷抱中,香港究竟有何前途?一夜之間,香港成為了孤兒,而造型藝術家陳永翼曾這樣形容他的感覺:〝香港似個孤兒,流浪了一百年,父母的樣子已很模糊,滿口異地方言,鄉音已忘得七七八八,(……)終於要回家相認,倒害怕歸家後重門深鎖,失去昔一孑然一身,來去自如的風景。怕大家庭家規嚴明、長幼有序、言行得體、 不可忤逆、尊長愛幼、決不得背棄祖宗……〞

敖樹克就是以香港獨有的語文和地方色彩作為創作靈感,如書法家般描寫他的香港誌。他只需幾個特徵、氣味、聲音,就能以明快流暢的手法將日常的生活變成一篇篇口述的記敘文。整整十年長的時間,這些口述的記敘紀錄了香港社會大氣候的轉變。這些記敘大部份曾在瑞士 Radio Suisse Romande 廣播電台中的兩個節目( Le Petit-Djeuner 及 Presque rien sur presque tout) 中播出。由於這些精簡但活生生的描述予人真正香港製造的感覺而有別於其他的電台廣播。這些有可能被視為紀錄性質的短文主要是揭露香港身份中一些不為人知的層面,它們遠離了股票市場、快活谷馬場及中環光彩耀目的百貨窗櫥。

以地方特色和生活作前題:敖樹克的香港誌以小故事形式,隨著年月,發生的大小事故和悲劇來調整人們對香港的普遍看法。夜總會的音樂消失於電車路軌的轟隆聲中;富懷舊色彩的桌布飄浮於港灣中;太過鮮艷的顏色;在微型公寓內哭泣的小孩,敖樹克的這些每星期一次的記敘見證著香港那絕對超乎現實的一面。他眼中的這座城市介乎於導演王家衛的影片《花樣年華》中的小上海和陳育強與又一山人於 2005 年展出的裝置展覽《西遊記》中的〝倒懸空城〞中所展示的港式茶館的形象。

敖樹克的香港誌的內容包羅萬有,如參觀畫家的工作室,講述烹飪,探討香港的文學作品及電影製作,有關政治的遊行和示威,禽流感及沙士傳染病等。這些敘記即時捕捉了東方之珠的實況:這些繪形繪聲的影像很多時都是苦中帶甜。一位追風逐雲的攝影家,一些發生在兩地之間的愛情故事,薑花在夜市中飄香,還有那些在街頭飄蕩的飢餓遊魂,更有九龍皇帝的真實故事,這位塗鴉皇帝的塗鴉曾在威尼斯雙年展中展出,他是香港警察的夢魘、是鄰居的曾叔叔,而他去年夏季是在貧困中逝世。
絕對是超乎現實。

作者敖樹克是一位藝術評論家 , 他是文化雜誌《東西譚》的總編輯 , 也是瑞士電台 Radio Suisse Romande 的通訊員 , 並為雜誌《 Monde Diplomatique 》及《神州展望》撰寫文章。

Chroniques hongkongaises , 280 pages, sans illustration, Editions Zoe, Genève, mai 2008 (disponible à la librairie Parenthèses ou librairies en ligne)

 

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ernière mise à jour : le 22 septembre 2008